Le Handicap en Europe - Des inégalités suivant les pays

Dans son rapport qui date déjà de quelques années, mais qui reste encore d’actualité, la Commission sur l’égalité et la non-discrimination du Conseil de l’Europe met en exergue les altérités subies par les personnes en situation de handicap en Europe. Ce rapport fait ressortir quelques constats communs et assez alarmants pour quelques pays. Ces derniers ont été invités à prendre des mesures.

La situation des personnes en état de handicap en Europe : les tendances

Le dernier rapport de la Commission sur l’égalité et la non-discrimination fait était de plus de 80 millions de personnes en situation de handicap en Europe. La France, à elle seule, compterait près de 9.5 millions d’handicapées dont l’âge varie entre 15 et 64 ans, et dont les 1.5 million ont une reconnaissance administrative de leur handicap. La Commission estime que ce sont les mesures d’austérité et la crise économique qui seraient à l’origine des inégalités que subissent les personnes en situation de handicap. Dans la majeure partie des pays européens, le niveau d’emploi connait une baisse, et la rémunération n’est pas aussi attractive que pour les autres salariés. En bref, les contrats deviennent de plus en plus précaires. Dans un document publié par l’OCDE, il a été remarqué qu’en 2010, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap au sein des états membres était de 44 %. L’INSEE a révélé qu’en France, ce taux culminait à 35 %. Le pourcentage dans certains états membres n’est pas fameux, si l’on ne devait citer que la Serbie avec ses 13 % (2011) et la Hongrie avec ses 18 % (2012). Il tient de préciser que le taux d’emploi dépend grandement de la nature du handicap. Les personnes qui présentent un handicap intellectuel ou psychosocial ont plus de mal à trouver des emplois que les autres formes de handicap.

Quelles sont les causes principales de ces inégalités ?

Les principales causes de ces inégalités restent les mêmes qu’il y a une dizaine d’années. Il a été relevé que, malgré les avertissements de la Commission, certains états membres n’ont pris aucune mesure positive pour améliorer le sort des personnes en situation de handicap. Les personnes à mobilité réduite ne bénéficient ni d’un service de soutien, ni d’un service de transport en direction de leurs lieux de travail. Aussi, seulement peu d’entre ces personnes ont accès à l’éducation supérieure et aux formations professionnelles. Toutefois, la pire des causes demeure les stéréotypes concernant les handicapées. Bon nombre d’employeurs se refusent d’employer des handicapés, car ils ne sont pas convaincus de leur degré de compétence.

Réduire les inégalités liées au handicap : quelles pratiques faut-il amorcer ?

De nombreux pays ont mis en place des mesures incitatives basées sur le système de quota. Les entreprises qui se conforment à ces quotas bénéficient d’une réduction d’impôt. L’Espagne avec ses 7 % est le pays dont le quota est le plus élevé en Europe. Vient ensuite la France avec ses 6 % pour les établissements privés et publics qui emploient moins de 20 personnes. En Belgique, ce quota varie en fonction des régions et des communautés. Si à Bruxelles il n’est que de 20 %, en Flandre ce quota est de 4.5 %. Dans l’administration fédérale, il est de 3 %. En Russie, ce quota dépend du nombre des salariés dans une entreprise. Mais en général, ce taux varie de 2 à 4 %. Comme il a été soulevé précédemment, les entreprises qui acceptent de se conformer à ces quotas perçoivent des avantages qui pour la plupart sont des rétributions financières. Si certains pays pratiquent les allègements fiscaux, d’autres optent pour la clémence en cas de non-respect des dates de clôture d’année fiscale. En France, en 2010, 41 % des entreprises privées et 48 % des établissements de la fonction publique ont répondu positivement à l’obligation d’emploi de 6 %. En Autriche, si 66 % des établissements publics se sont conformés au quota, seulement 22.8 % des entreprises privées s’y sont conformées. Pour le Conseil de l’Europe, ces mesures incitatives ne sont pas suffisantes. Le Conseil estime que tous les états membres devraient développer des politiques en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap. Par ailleurs, des campagnes de sensibilité doivent être menées auprès de l’opinion publique.