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Discriminations et handicap : encore un effort !


En 2015, les chiffres sont tombés : 20% des plaintes adressées au défenseur des droits, le sont pour des discriminations au handicap. C'est le second motif après celui de l'origine et elles concernent principalement l'accès à l'emploi ou à l'éducation. Chez Handilove, nous revenons sur le bilan mitigé de la loi de 2005, qui promettait d'assurer à toute personne handicapée "l'égalité des droits et des chances".


Un combat qui commence dès l'enfance


La scolarisation des enfants handicapés progresse d'environ 10 % par an depuis 2005. Ces chiffres sont plutôt satisfaisants mais dans la réalité, les associations relèvent pas mal de manquements.
Les professeurs et les parents d'élèves sont mal formés et mal informés à l’inclusion des élèves handicapés dans les classes, et ils ont parfois peur d'une baisse de niveau ou de ne pas être compétents. Les normes d'accessibilités ne sont pas toujours respectées, certains locaux ne sont pas aménagés ou bien dans le cas d'enfants sourds, par exemple, les moyens de communication adaptés existent rarement.
De manière générale, les écoles refusent souvent l'accueil sans un auxiliaire de vie scolaire et demandent que l'emploi du temps de l'enfant soit réduit.
Dans ces conditions qui diminuent son autonomie, il est difficile pour l'enfant de suivre une scolarité dite "normale".


Un accès à l'emploi difficile


Tout employeur de plus de 20 salariés, que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public, doit engager 6 % de personnes handicapées sous peine de sanctions. Les grandes entreprises se dotent de plus en plus, de "missions" qui veillent à la diversité des embauches et la sensibilisation des managers.
Cependant, les stéréotypes ont la peau dure et le taux de chômage est deux fois moins élevé chez les personnes valides que chez les personnes en situation de handicap. Il est à noter que seule une entreprise sur deux respecte le taux de 6 % et que les recruteurs ont tendance à privilégier des personnes dont l'infirmité ne nécessite pas une adaptation des locaux.
La fonction publique est un très mauvais élève également, s'affranchissant souvent des règles. Dans l'Éducation nationale, par exemple, l'emploi des auxiliaires de vie scolaire accompagnant les élèves handicapés tient lieu de statistique.


Transports et lieux publics


La loi de 2005 souhaitait rendre tous les lieux publics et les transports accessibles dans un délai de 10 ans. Il n'en est rien : seulement 40 % de ceux-ci le sont.
Les associations dénoncent le fait que le gouvernement ait accordé aux villes un délai supplémentaire de trois à neuf ans, pour se mettre en conformité et elles ont saisi le Conseil d'État.
Et si les collectivités font tout de même pas mal d'efforts ( généralisation des bus à planchers bas, par exemple ), comme toutes les infrastructures des réseaux ne sont pas raccordées, cela ne facilite pas pour autant la mobilité des personnes handicapées. Seulement un peu plus d'un tiers des gares assurent l'accessibilité à tous, mais la SNCF promet de se mettre en conformité le plus rapidement possible.


Des avancées réelles


On l'aura compris, la lutte contre les discriminations demande des efforts constants de la part des pouvoirs publics et des entreprises. Chez Handilove, nous voulons souligner qu'il y a tout de même eu des avancées incontestables ces dix dernières années, comme la revalorisation de l’allocation adulte handicapés et la mise en place d'un droit à la compensation du handicap.
Des initiatives comme la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées sont à souligner vivement.
Même si les changements sont lents, la société civile progresse et n'hésite pas à redoubler ses efforts ! A bientôt pour reparler du handicap !